Retour sur la 25e heure du livre du Mans édition 2018

Étant étudiante à Angers et donc proche du Mans j’ai eu la chance de pouvoir venir pour le salon du livre du Mans et de me faire héberger chez ma copine de Mes écrits d’un jour ❤ Super moment avec de chouettes rencontres, des tables rondes, des auteurs en dédicace et d’autres petites choses.

Rencontre avec les 68 premières fois

Je suis arrivée pour le salon samedi matin aux alentours de 9h30 puis nous sommes allées récupérer une copine d’Héliéna, Amélie Muller, une une chouette nana qui s’occupe entre autre de la rubrique jeunesse de la revue Page des Libraires ! Dont j’ai d’ailleurs pu acquérir un numéro 😉 Nous avons ensuite rejoint le groupe des 68 premières fois à la Brasserie des Jacobins, juste en face du salon où nous avons attendu avec grande impatience la venue de six auteurs : Julie Estève, Jérôme Chantreau, Amélie Cordonnier, Bertille Dutheil, Guillaume Para, Gabrielle Tuloup. Une table ronde qui s’annonçait passionnante avec en prime Charlotte Milandri en animatrice. Voici ce que j’ai pu écrire le temps de la rencontre :

« Rencontre d’écrivains à la Brasserie Jacobin, animée avec brio par Charlotte Milandri. Un groupe hétéroclite de deux seconds romanciers et de quatre primo romanciers, qui parle, échange, s’interrompe et se complète, quitte même à faire les transitions de l’animatrice à la perfection. Quelques couacs, des phrases qui partent un peu trop loin de la part de Guillaume Para et qui finiront par ses perdre, quelques faiblesses dans les discours qui nous font sentir ceux qui viennent d’arriver sur la scène littéraire et ceux qui y étaient déjà, et même temps, mêlée à tout cela la voix de l’auteur : la langue, la poésie, la fiction, l’histoire, les concepts qui mènent au scénario et qui donnent d’autant plus envie de lire, décrypter, dévorer les pages. Ma préférence dans cette table ronde : le passage avec Julie Estève même avec sa voix éraillée et sa fièvre, qui à travers ses mots, et l’histoire de son personnage m’a fait revivre ce roman. 

Une chouette parabole est venue se glisser avec notamment le travail de l’éditeur ou de l’éditrice, intransigeants, qui « savent quel livre vous avez à écrire » dira Jérôme Chantreau, et « qui arrivent à faire sortir de toi ce que tu dois écrire » complétera Amélie Cordonnier. On comprend d’autant plus le rôle qu’ils jouent dans l’écriture, le sens des mots et la publication. Bel hommage. »

Suite à cette rencontre enrichissante nous avons poursuivi cette petite entrevue autour d’un bon repas un étage en dessous. Coup de bol énorme (et ô combien appréciable) j’étais non loin de Julie Estève avec qui j’ai pu beaucoup discuter. J’ai également pu faire plus ample connaissance avec Claudia et Nina, deux autres membres des 68 premières fois avec qui j’ai passé un très agréable moment. L’avantage quand on est entouré de personnes qui ont les mêmes passions, la même rage d’apprendre et de se faire bousculer, émotionner.

Ce repas m’a donné l’impression de manger en famille : discussions animées, rires, sourires, et bien sûr la durée ! De 12h à 15h, il était temps de faire un tour sur le Salon !

Samedi 6 après midi

L’après midi s’est soldée par quelques tours dans le salon : le coin de la littérature contemporaine, un petit coucou à la Librairie L’Atalante, un pas du côté de la jeunesse avec la Librairie Bulle et le Chapiteau. La partie littérature générale est bien entendu beaucoup plus grande que tout le reste, et il y avait bien du monde le samedi après midi nous obligeant à enlever vestes et écharpes et à jouer à « qui passera en premier » dans les rangées extrêmement serrées.

Nous avons entamé les festivités par un tour au stand de LibraDiffusion, un éditeur rééditant des ouvrages d’autres maisons d’édition en gros caractères d’après la bénévole sur le salon. N’ayant plus besoin de certains titres ils les revendaient d’occasion, 1 livre à 5€, 12€ les 3 autant dire que j’ai sauté sur…l’occasion (rires) et je n’ai pas été la seule. J’ai ainsi pu chiper, complètement par hasard puisqu’ils ne faisaient pas de jeunesse, le roman que j’avais emprunté en bibliothèque et adoré, j’ai nommé… Le fils de l’ombre et de l’oiseau d’Alex Cousseau aux éditions du Rouergue jeunesse que je conseille à tous les amoureux de voyage et de poésie ! Et comme je n’allais pas passer à côté d’une si bonne affaire, j’ai également pris Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires de Marina Lewycka aux éditions Des 2 Terres, et Un Funambule d’Alexandre Seurat dans la collection la brune du Rouergue.

Après quelques collés-serrés avec des inconnus nous arrivons sur la table d’Erwan Larher. Sur une petite blagounette de ma part :

« Amélie : J’adore offrir ce livre mais je crois que tout le monde dans mon entourage l’a maintenant
Moi : Non pas moi !
Amélie : Oui c’est vrai ! »

Quelques secondes le dos tourné et là voilà en train de me l’acheter et de me le faire dédicacer ! Merci merci merci beaucoup, me voilà donc avec Le livre que je ne voulais pas écrire dans sa version poche chez J’ai Lu avec une dédicace décalée que j’adore : « Pour Enora, en souvenir de cette journée de dépucelage des 69 68 premières fois, de la part amicale et généreuse d’Amélie et puisque c’est ça je t’embrasse ! » Une photo tout aussi déjantée plus tard nous voilà reparties dans le grand bain !

A 17h, lessivés par ce bain de foule suffocant et transpirant, nous avons pris le temps d’une petite pause bien méritée bien que pluvieuse au bar Pathé, bière pour moi et les autres, monaco pour Héliéna…jusqu’à l’averse, la déferlante, la tempête, que sais-je, le déluge même ! Résultat, trempés des pieds à la tête, le brushing en l’air, les cheveux tout frisottants ont s’est dit qu’il n’y avait rien de mieux pour finir la journée qu’une bonne raclette ! Au revoir salon du livre nous revenons demain.

Dimanche 7 octobre

Le dimanche s’est déroulé un peu plus tranquillement…et fraîchement ! Les trombes d’eau avaient refroidi l’atmosphère et j’étais bien contente d’avoir mis mon coupe-vent et mon écharpe d’hiver, seules mes chevilles ont pâti de la fraîcheur. Il n’y avait guère d’activités et après avoir fait le tour des stands jeunesse qui avaient changé d’auteurs et illustrateurs, nous avons décidé aux alentours de 11h30 d’assister à une conférence « Violences cachées » aux Plateaux FRAMA.

Trois autrices se partageaient la table : Anne Véronique Herter pour Le cri du corps, Dominique Sylvain pour Les Infidèles et Nathacha Calestrémé pour Les Blessures du silence. Sorte de minis interviews sur des sujets (censés) se ressembler, le plateau s’est ouvert avec la parole de Anne Véronique Herter. Un témoignage bouleversant d’une violence cachée, qui vous tord et vous détruit, qui « vous ronge ». L’autrice nous raconte son combat, son travail dans une entreprise de bien être où elle se sent plutôt bien et surtout où elle se sent utile, elle dit avoir « l’impression de devenir quelqu’un d’important avec autant de sollicitations – ce qui est un leurre ». Finalement elle tombe par hasard sur un mail lui étant destiné dans la photocopieuse, un mail faisant remonter à la direction qu’il fallait « qu’elle se calme », qu’elle piquait tout le boulot des autres. Commence un longue descente aux enfers où elle reçoit injonctions sur injonctions, où son bureau atterrit dans le couloir où elle doit téléphoner sous son bureau pour pouvoir se concentrer et parler anglais avec d’autres services européens. Jusqu’au jour où elle craque et demande à son mari de lui casser le bras pour ne plus aller au boulot. Commence alors la chute longue et inéluctable jusqu’au cri, ce cri salvateur qui lui permettra de se relever. Clairement avoir quelqu’un en face de vous qui vous raconte cette histoire c’est émouvant et j’ai eu les larmes aux yeux de comprendre ce qu’on lui avait fait subir pour…quoi ? parce qu’elle était trop bonne à son boulot ? parce qu’ils étaient jaloux ? parce qu’elle se distinguait par rapport aux autres ? Je vous le dis il y a vraiment des fois où ce monde est taré. Le problème c’est que ça arrive de plus en plus et que la folie permanente commence à m’agacer.

La seconde autrice à prendre la parole fut Dominique Sylvain et, j’ignore si c’est l’interview qui a été mal menée, ou le roman qui ne se prêtait absolument pas au sujet des « violences cachées » mais j’avoue ne pas avoir compris très bien ce qu’elle faisait là. Étrange intrusion du roman noir qui ne m’a pas du tout convaincue et dont l’autrice m’a laissée complètement de marbre.

La troisième et dernier autrice est donc Natacha Calestrémé qui commence par nous décrire son roman ainsi « Amandine vit avec un pervers narcissique ». Elle raconte ainsi qu’elle s’est retrouvée totalement démunie face à la mort d’une amie des suites de harcèlement conjugal alors qu’elle n’avait pas vu cela venir : « mon métier c’est de comprendre, analyser, partager » dit-elle, « et pourtant je n’ai rien vu, pas compris ». L’objet de son roman, qui tente de faire passer des messages et des prises de conscience à travers le prisme du policier (« un très bon policier » précisera la journaliste), n’a qu’un seul but, répondre à une question : « pourquoi tant de femmes et d’hommes sont incapables de partir ? pourquoi ces personnes sont incapables de quitter leur bourreau ». Son explication, quoiqu’un peu trop spirituel, offre une perspective intéressante sur ces violences conjugales qui peuvent être verbales ou physiques et dont on ne comprend pas beaucoup les victimes dans cet attachement paradoxale.

Une chouette table ronde qui a permis d’aborder au moins deux sujets plutôt « cachés » et qui répond donc parfaitement à sa thématique. Dommage cependant de ne pas avoir été plus loin puisque j’ai beaucoup eu l’impression d’un survol, un effleurement du sujet. Par la suite nous avons mangé un délicieux hamburger-frites maison avec un confit d’oignon délicieux ! Bien décidées à voir ce qu’on avait pu louper, nous avons pris le chemin du Théâtre et de l’espace bande dessinée adulte où j’ai voulu prendre Prendre Refuge de Mathias Enard et Zeina Abirached, mais le dernier volume sur table était tout abîmé… J’ai laissé tomber mon projet et j’ai admiré le reste des bandes dessinées de loin, aucune ne m’intéressant autant.

Je suis par la suite retournée auprès du stand de la Librairie L’Atalante pour discuter un peu avec mon ancienne maîtresse de stage, Soledad Ottone, la chargée de communication de la maison d’édition L’Atalante. J’ai ainsi aussi pu papoter avec Régis Goddyn (dont j’ai acheté la plupart des tomes de son cycle du Sang des 7 Rois pour mon père) de scénario, de livre, temps d’écriture, etc. Et ce fut un moment fort sympathique ! En faisant le tour j’ai été confrontée à la magnifique couverture de American Fays de Anne Fakhouri et Xavier Dollo (alias Thomas Géha) avec qui j’ai parlé de son roman, de la Bretagne et des contes d’Andersen qui mâtinent apparemment ce one shot des éditions Critic.

Malheureusement nous avons loupé la conférence de « Et surgit la violence » et j’ai appris que mon train allait avoir 20 minutes (puis 40 minutes) de retard pour rentrer sur Angers. Etant donné qu’Héliéna avait également terminé son tour nous avons donc dit au revoir au Salon du livre du Mans pour me déposer à la gare. 13€50, 40 minutes de train, et 40 minutes à pied plus tard, me voici chez moi, vous rédigeant ce petit compte rendu !

Pour conclure ce week-end mémorable

De chouettes rencontres aussi bien « auteures » que « soixante huitardes » et de super moments passés aux côtés de Héliéna et d’Amélie (que je remercie toutes les deux pour leur accueil et leur générosité !). Nos aventures ne sont pas terminées puisque nous réitérons l’expérience de « salon à trois » pour le salon du livre de Montreuil en décembre ! Je regrette seulement une organisation un peu bancale notamment pour l’espace entre les stands qui n’était pas assez grand et qui ne permettait pas à deux personnes avec des poussettes de se croiser, ou bien de faire la queue pour obtenir des dédicaces. Il y avait cependant de très nombreux auteurs invités ce qui fut un véritable plaisir ! 🙂

Et vous alors, y étiez vous, qu’avez-vous fait / vu / acheté ? Avez-vous déjà fait ce salon, qu’en pensez-vous ?

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