Literary Life par Posy Simmonds

Literary Life est un recueil paru chez Denoël Graphic, où Posy Simmonds (Gemma Bovery, Tamara Drewe) dépiaute la vie littéraire anglaise avec un regard acéré et plein d’humour. A l’origine, ses dessins sont parus dans un supplément du Guardian.

Mon avis

Literary Life c’est un peu comme si on enlevait tout le faste, les paillettes et le glamour qui papillonnent autour des auteurs, libraires et autres personnes au service du livre et que d’un coup on les voyait pour ce qu’ils sont : de vraies personnes, de vrais métiers, qui doivent se vendre et s’arracher les cheveux, parfois, pour pouvoir faire leur travail.

C’est aussi nous montrer que derrière ses atours en plumes de paon se cache aussi un business, un commerce plus ou moins juste. Mais c’est surtout un recueil bourré à craquer d’humour, d’ironie, de cynisme, mais aussi avec beaucoup de dérision et de respect. Certaines scènes m’ont fait sourire quand d’autres m’ont fait acquiescer.

Le monde du livre n’est pas toujours tout beau tout rose mais c’est le nôtre, le mien et j’ai reconnu certaines situations cocasses ou saugrenues. Dès les premières pages le ton est de toute façon donné : on y retrouve une jeune femme dans l’écriture de son roman qui n’arrive tout simplement pas à aligner trois lignes…alors qu’elle est à la campagne ! Le cadre idéal voyez vous ! Mais non tout se fait la malle, se barre en cacahuète et à force de s’arracher les cheveux, les moutons qui ne faisaient que brouter l’herbe se retrouvent à « partir en vrille, poignardant, tranchant et taillant un chemin sanglant tout en »… Je suppose que c’est comme ça que l’on fait les bons thrillers ^^

Autre situation intéressante celle de la libraire qui fait remarquer au représentant devant elle (la personne faisant le tour des librairies pour présenter un certains nombres de catalogues de maisons d’édition) que décidément ses derniers romans c’est « du papier cul ! Valeur culturelle : zéro ! Écrit avec une balayette à chiottes ! » et que la maison d’édition n’aurait jamais publié ça avant. Le représentant lui répond très commercialement qu’il y aura une grosse publicité sur ce titre en question et que l’auteur a vendu sur le précédent « combien déjà ? 400 000 exemplaire ». Il lui demande ensuite combien la libraire en veut dans sa boutique. Et celle ci ne peut s’empêcher de répondre 12 et de rajouter « Nous avons le devoir de satisfaire toutes les demandes ». Une petite farce toute simple mais tellement juste qu’elle m’a fait rire ^^

J’ai beaucoup aimé aussi toutes les petites situations familiales : un auteur qui se fait plaquer mais qui ne veut pas que sa petite amie parte avant d’avoir fini d’écrire son roman parce « tu ne peux pas me laisser tomber maintenant, je n’ai pas terminé mon roman, j’ai besoin de ton malheur ! » ; une jeune fille qui tente d’expliquer tant bien que mal Harry Potter avec tout l’engouement que cela lui procure mais sans qu’aucun de ses interlocuteurs, des adultes bien sûr, n’y comprennent quoique ce soit ou moi quand je veux parler à vif d’un roman alors que non, décidément, je ne devrais pas ; ou encore celle-ci, où une femme engueule son mari pour se jeter comme un « vautour » (ou un auteur de thriller) sur les cadavres encore chauds de l’actualité.

Ce recueil est rempli de ce genre de situations avec certains personnages qui vont même revenir comme Rick Racker un agent spécial qui doit « assassiner les réputations » ou au contraire les faire décoller ; le Docteur Derek Troutley qui traite toute sorte de maladie que ce soit la page blanche ou un roman n’ayant pas fonctionné, etc. etc. Et il y en a d’autres qui se passent même de mots lorsque par exemple il y a eu des petits fours au chèvre à une réception… et que tout le monde se parle en éloignant sa tête d’au moins un mètre pour ne pas recevoir d’effluves odorantes ! (rigolez, rigolez mais ça m’est déjà arrivé sur un salon ahah)

Tout y passe, tout est drôle, dessiné avec soin et ça fait du bien !

En résumé

J’avais rencontré Posy Simmonds lors de mes études et j’avais déjà pu me rendre compte que l’anglaise avait un humour sympathique. Ce recueil c’est une véritable petite porte d’entrée sur le monde du livre, sur ses bons et ses mauvais côtés avec beaucoup de rire ou de grimaces. J’ai adoré !

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