Les Journées Européennes du Patrimoine partie 1

Ayant élu domicile pendant quelques temps dans l’une des villes ayant le plus beau patrimoine culturel de France, il m’était impossible de passer à côté. Et quand en plus la plupart des entrées sont gratuites…comment dire non ? Je vous informe dors et déjà que la navigation sur cet article va peut-être être un peu longue puisqu’il y a beaucoup de photographies. J’en profite également pour vous dire que toutes les photographies sont de moi.

Cette année est pour le moins particulière pour le patrimoine européen puisque, comme le souligne Françoise Nyssen dans son éditorial, 2018 « a été consacrée Année européenne du patrimoine culturel » et « marque par ailleurs le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale« . Les JEP 2018 sont par ailleurs placées sous l’égide de « l’art du partage ».

Voici ce que l’on peut en lire sur le site internet des journées du patrimoine culturel :

« Partager le patrimoine entre Européens lors des Journées européennes du patrimoine, c’est permettre aux citoyens de mieux comprendre ce qui les rapproche en partageant des valeurs communes historiques et esthétiques dépassant les rivalités et les irrédentismes identitaires. Ces Journées européennes du patrimoine doivent célébrer avec force la construction de la grande Europe du patrimoine, cent ans après la fin du premier conflit mondial et la chute des empires, qui a engendré une nouvelle Europe des États. »

Enfin bref, tout cela pour vous dire, que je suis partie en vadrouille, ce qui me fait écrire cet article un peu spécial. J’avais prévu de voir 6 lieux de la ville d’Angers : l’ancienne école Pierre Porcher, l’Abbaye du Ranceray (qui accueille désormais l’E.N.S.A.M, l’enseignement national supérieur des Arts et Métiers), le Château d’Angers, l’Atelier de la Cité, la Collégiale Saint- Martin et le Château de la Perrière (à Avrillé).

  1. Malheureusement l’Abbaye du Ranceray n’était pas ouverte au public et/ou alors je n’ai pas trouvé la bonne entrée, mais le portail de l’ENSAM était fermé, aucune indication…
  2. L’Atelier de la Cité n’ouvrait qu’à partir de 15h et il était 13h quand j’y suis passée
  3. Le Château de la Perrière… J’étais passablement fatiguée d’avoir sillonné tout Angers à vélo et je n’ai pas eu le courage de faire la demie heure de trajet me séparant de ce magnifique patrimoine. Ce n’est que partie remise !

Mon programme s’est donc trouvé un peu chamboulé, non seulement à cause de ces trois événements, mais aussi parce que je suis une vraie curieuse et qu’à chaque fois que j’ai vu un panneau « journées européennes du patrimoine », je m’y suis arrêtée. Voici donc mon petit parcours dans la ville d’Angers. J’ai découpé mon article en deux parties. La première partie concerne tout ce que j’ai fait avant le Château et la seconde ce que j’ai fait après.

1. L’Ancienne Ecole Pierre Porcher

J’ai commencé par l’Ancienne Ecole Pierre Porcher qui abritait l’exposition « Deriva » de Céleste Rogosin au 18 place du Tertre. Le portail s’ouvre sur une charmante cours pavé légèrement abîmée où les végétations sauvages côtoient les pots de géraniums en fleurs. L’exposition se tenait à l’intérieur même du bâtiment et était suivi d’un charmant entretien avec l’artiste autour d’un déjeuner brioche / thé / café.

Notes du 16 sept. 10h36. Étrange exposition que celle-ci où les photographies alentours semblent être entièrement imprégnées des sons de ces deux projections qui s’interpellent, se répondent, se font miroir. Capsules temporelles d’instants éparses elles happent le spectateur dans une ville lointaine et imaginaire où les déserts urbains côtoient des festivités silencieuses, les pierres de chantiers inachevées les natures asséchées, et où les feux, sans arrêt clignotent d’une absence automobile. Les sons se font quant à eux tantôt assourdissants et musicaux, tantôt naturels et oppressants. Mais d’où vient cet étrange sensation que le monde va basculer ? Pourtant, il suffit que la porte s’ouvre, grinçante, libérant les quelques rayons d’un soleil matinal pour que notre âme s’y engouffre et s’échappe. Ouf.

Voici ce qu’elle dit de son travail : « La ville est pour moi un espace à l’origine de tensions, que j’aime observer comme un paysage complexe. Mon travail, nourrit par les tropismes du groupe et de la place du corps dans l’espace, s’appuie toujours sur une approche psychogéographique. Issu d’un long séjour en Espagne, le projet Deriva, relate une dérive et mêle photographie et vidéo : à travers une présentation qui se veut immersive et qui cherche à évoquer la prise de notes, je tente de saisir un espace qui m’a particulièrement happée, à la périphérie sud de Madrid : Valdecarros. […] » Au cours de l’entretien elle nous a également confié que c’était la première fois qu’elle tentait une création artistique et qu’elle était davantage versée dans le documentaire. Pourtant on ne peut guère nier son talent plastique !

Un peu étourdie par cette exposition très sympathique j’ai préféré enchaîner avec quelque chose à proximité et c’est pourquoi je me suis dirigée vers l’Hôtel Tinténiac.

2. Hôtel de Tinténiac

L’Hôtel de Tinténiac est un hôtel particulier de la rue Malsou dont la construction date du XVe siècle. Il a été plusieurs fois démoli puis reconstruit et agrandit jusqu’au 17e siècle où il a obtenu sa force actuelle. L’Hôtel étant bien entendu habité, l’intérieur n’était pas visitable, mais la cour était ouverte au public. Il est classé Monument Historique.

Bien que la cour soit jolie, je l’ai trouvée assez simple. Ça avait un côté très épuré, très magazine même si le petit puits lui redonnait un peu de cachet. La couleur des murs était par ailleurs très étrange, très beige, comme du sable, mais on aurait plutôt dit de la chaux, c’était très doux au toucher. Bon, évidemment la porte à elle seule valait le détour !

 Je me dirigeais allègrement vers l’ENSAM et son Abbaye de la Ronceray que je suis très déçue de ne pas avoir vu, quand en descendant la rue j’ai croisé… une Synagogue. Je n’en avais jamais visitée, c’était donc l’occasion !

3. Synagogue, ancienne église Saint Laurent d’Angers

Pour la petite anecdote, j’avais prévu un petit pique nique pour le midi… un sandwich au jambon ! Comme vous le savez les juifs et le porc ça fait deux et moi j’ai pas su mentir quand le gardien à l’entrée m’a demandé à quoi c’était… du coup mon pique nique a attendu à l’entrée avec mon vélo… voilà voilà. Elle est située à 1 Place du Tertre.

L’entrée de la Synagogue est très étrange, un gros mélange architectural avec un peu de roman, une dominante gothique et surtout de l’industriel très contemporain. L’ensemble hétéroclite est par ailleurs très agréable à regarder lorsque l’on aime les mélanges architecturaux, mais étant à l’origine chrétienne j’ai eu l’habitude de bâtiments religieux plus…ecclésiastiques. Entrer à l’intérieur de la Synagogue nous permettait d’obtenir quelques éléments historiques mais je suis arrivée un peu tard donc j’ai complété ce que j’ai entendu avec les informations que j’ai trouvé sur le net.

Bref. La Synagogue est à l’origine une église qui a été inaugurée en tant que Mosquée il y a à peine cinq en 2013. Jusqu’alors l’Eglise tombait en ruines et servait d’entrepôts à la ville d’Angers pour ses produits d’entretien. L’Eglise a été construite initialement en 1073 (d’où son style roman) mais en 1571 elle était déjà en ruines. Seule la nef était encore accessible. Puis, en 2012, la ville l’a réhabilitée pour la communauté Israélite de Maine et Loire. Et voilà comment elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Une praticante, historienne de surcoît, m’expliquait également que de très nombreuses synagogues avaient ce type d’architecture. Lors de la seconde Guerre Mondiale nombre de leurs édifices religieux ont en effet été réduits en miette par les Nazis et leurs bombardements. Depuis les années 2000 de nombreuses églises en ruines sont réhabilitées en ce sens.

Ce que j’ai préféré ? L’escalier métallique qui grimpe au dessus de la Synagogue à travers les branches d’un rosier en fleurs.

4. La Maison canoniale Saint-Maurille

Après avoir quitté la Synagogue, avoir rejoint l’ENSAM pour ne pas trouver la porte d’entrée et avoir traversé le Pont de Verdun, je suis arrivée tant bien que mal dans la rue qui me mènerait au Château d’Angers. Et là, cachée derrière une porte épaisse La Maison canoniale Saint-Maurille. Malheureusement n’ayant pas pris de monnaie sur moi je n’ai pas pu donner les 3€ demandés pour visiter la demeure (qui a l’air super belle) et j’ai dû me contenter des jardins.

L’été ayant fait son chemin, on ne peut pas dire que le jardin était en grande forme mais j’ai plus ou moins imaginé ce qu’il devait donner au printemps…et la vue que les propriétaires doivent avoir depuis leurs grandes fenêtres !

Au centre du jardin trône également un « rare puits à quatre colonnes doriques qui portait sur chacune de ses faces un quatrain en honneur à l’eau dudit puits » d’après la brochure donnée à l’entrée. On apprend pas mal de choses sur cette demeure et comme la plupart des bâtiments classés « monuments historiques », leur histoire est mouvementée. Elle était autrefois appelée « Maison de Cunaud » puisqu’elle était alors proche de la maison priorale de Cunaud. Au XVe siècle l’édifice est détruit et son jardin est en friche. Elle a subi diverses rénovations et destructions consécutives et atterrit finalement entre les mains du Baron Le Guay dont l’actuelle propriétaire est la descendante.

Et voilà pour la première partie de mon périple. J’espère que l’article n’aura pas été trop long à charger étant donné la taille des photographies mais il n’y a rien de plus désagréable, à mon sens, que des photographies minuscules où l’on ne voit rien. Raison pour laquelle je vous fais un article en deux parties d’ailleurs.

La suite du périple se poursuit donc avec Le Château d’Angers, La Collégiale Saint-Martin et la Cathédrale Saint-Maurice.

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