Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini collaborent déjà depuis quelques temps sur la collection Les Graphiques de Gulf Stream Editeur (Bulles et Blues, Invisibles, Rouge Tagada, et Mots rumeurs, Mots cutters) que je vous invite à aller voir ! Elles abordent des thématiques dures, parfois violentes comme la sexualité, le harcèlement, etc. C’est toutefois la première fois qu’elles publient une de leur collaboration en dehors de cette collection et on les retrouve donc chez Marabulles.

Mon résumé

A chaque noël, partout sur la planète des milliers de familles se réunissent autour d’un bon repas afin de se réconcilier et échanger des cadeaux. Pourtant, pour Manon, noël rime avec calvaire. Entre les remarques perfides de ses tantes qui ne perdent jamais un instant pour glisser deux trois mots sur son physique, et l’attention entièrement retenue par ses cousins, elle pourrait très bien ne plus être là. D’ailleurs elle préférerait ne pas être là. Cesser d’exister.
Pourtant un noël pourrait bien tout changer, celui du retour de Nadia, l’enfant rebelle, la marraine de son père, violoncelliste de renom qui pourrait bien réussir à lui redonner confiance en elle.

Mon avis

« J’ai disparu. Pas physiquement : pour ça, il aurait fallu que je quitte la table. Impossible à moins d’être malade à crever. Je me suis contentée de ne pas exister ».

Manon est une adolescente mal dans sa peau, élevée seule par un père à qui on a toujours reproché d’être le chouchou de la famille elle doit désormais se coltiner les remarques incessantes de ses tantes « Manon pourrait être si jolie », « tu devrais l’emmener chez le coiffeur, tu sais, histoire de donner une forme à ses cheveux et de la rendre plus féminine », etc.

Pianiste plutôt douée elle a perdu toute confiance en elle lorsqu’elle n’a pas pu sortir une seule note de son instrument, tétanisée par l’angoisse et le trac. Pourtant c’est bien aux notes des sonates de Beethoven, ou les sons endiablés des violoncelles d’Apocalyptica que la jeune fille rêve, aspire à se présenter sur scène…

« Noires ou blanches, les touches me jugent, s’enfoncent en rechignant, laissent échapper des soupirs réprobateurs, et je me sens d’autant plus nulle que le compte à rebours a commencé ».

Un Noël tout va changer. La figure maternelle que ses tantes appelaient de leurs vœux afin de la rendre plus agréable à regarder, plus féminine, vient de débarquer. Nadia, la talentueuse violoncelliste. Après un long processus de transmission transgénérationnelle à travers lequel Manon, comme Nadia, vont pouvoir exprimer leur complicité, leurs regards, et leur amour pour la musique, c’est toute une famille qui se doit d’avancer.

Tout en notes et en légèreté, Hiver Indien retranscrit avec beaucoup de tendresse les relations familiales qui peuvent être conflictuelles, difficiles voire cruelles mais aussi émouvantes, belles et sensibles. Sans toutefois s’éloigner de notre héroïne, l’autrice et l’illustratrice ont su, par quelques touches, quelques phrases, quelques cases, nous offrir un cadre plus large, croisant l’histoire de Manon avec celle de son père, ses mains larges remontant sa couverture, sa volonté de ne pas la décevoir et d’écouter les conseils des femmes de sa famille même s’ils sont parfois mauvais, parfois malintentionnés, mais aussi avec celle de Nadia et de son frère, pleine de non dits et de colère.

La fin, si brusque mais aussi inévitable marque également le début d’un nouveau départ, comme si l’une avait passé le relais à l’autre et que Manon n’aurait plus qu’à attendre, à son tour, afin de transmettre son héritage.

 

En résumé

Hiver Indien est une histoire touchante et sensible servit par un dessin feutré entraînant le lecteur dans une parenthèse musicale. Bien travaillés, les images et le texte nous font partager l’intimité de cette famille conflictuelle, touchante et familière et nous délivrent un message de confiance et d’espoir.

« Ne te laisse pas détruire par le regard des autres. Ne renonce pas à tes rêves ni à ce que tu es […] ».

Et parce que j’aime vraiment beaucoup ce groupe, je ne résiste pas à vous partager une mes musiques préférées :

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3 commentaires sur “Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

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