Saga : un Roméo & Juliette version space-opera

Saga de Brian K. Vaughan; c’est un ami qui me l’a conseillé (à grand renfort de « lisez le » et de « quoi ? vous ne l’avez toujours pas lu ?? »). A l’époque je ne m’intéressais que très peu à la bande dessinée ou alors qu’à celle, assez classique, de Soleil Productions dans mes genres de prédilection : la fantasy et le fantastique. Petit à petit je me suis orientée vers les romans graphiques plus stylisés et contemporains… et voilà où j’en suis : au pays des hommes-télés, et des assassins intergalactiques, des prostituées constituées que d’une tête et de jambes, et au milieu d’une guerre inter-espèce. Merci. Vraiment, Merci.

Mon résumé

Alors qu’Alana et Marko donnent naissance à leur fille, Hazel, ils n’ont pas conscience de devenir les cibles principales de leur deux peuples opposés depuis toujours dans une guerre sans merci. Pour s’en sortir ils n’auront pas d’autre choix que de s’unir à toutes sortes de personnes très bizarres et très différentes : Isabel l’ado fantôme rose, l’ex un peu folle de Marko ou encore un auteur de romans érotiques à succès y dissimulant des messages cachés. Mais face à eux se dresseront également toutes sortes d’obstacles, à commencer par le plus grand : s’entendre.

Mon avis

Dire que j’ai un gros coup de coeur pour cette bande dessinée serait mentir. Mais il est vrai que j’ai toujours eu du mal à en avoir pour les romans graphiques où c’est souvent le dessin qui vient me chercher et me toucher. Donc pas de coup de coeur mais un très très bon moment de lecture que j’ai savouré jusqu’à la fin (j’ai lu les trois premiers tomes) avec grand plaisir.

Nous commençons le récit avec une naissance, celle d’Hazel qu’Alana vient juste de mettre au monde à l’arrière d’un garage. Et c’est en partie sa voix à elle que nous suivrons tout le long du récit et qui viendra çà et là nous remettre sur les rails. Dès le début, le récit commence donc dans la douleur mais aussi dans l’amour et c’est un peu ce que j’ai pu ressentir par la suite : le chaos, la guerre, le sang, le sexe, l’amour, la confiance, la tendresse… Saga en est un excellent mélange ! Nos deux héros, Marko et Alana sont également plus âgés que les héros ordinaires des fresques de fantasy ou de SF ce qui n’est pas pour me déplaire. Le scénariste n’a donc pas lésiné sur les expressions bordelines, les scènes explicites ou les frictions tout en les disséminant tellement bien dans le récit qu’elles passeraient presque inaperçues…si elles n’étaient pas si justement dosées.

Le fameux Prince Homme-Télé (dynastie Robot)

Autre point fort nous ne sommes pas sur une saga épique au sens stricte du terme (quoique élever un enfant peut vraisemblablement le devenir) mais plutôt sur quelque chose de l’ordre de l’intime. Nos deux héros n’en sont pas vraiment mais plutôt un couple ordinaire désirant s’aimer, vivre, et élever leur enfant dans la paix et loin du conflit. Ils fuient donc cette guerre dont absolument plus personne ne veut et à laquelle personne ne comprend plus grand chose si ce n’est la haine viscérale que se porte depuis leur deux peuples. Ne vous méprenez pas, la guerre est partie prenante de l’intrigue, elle en est même moteur : ce sont les dirigeants de chacun des deux peuples qui les veulent morts, c’est la guerre qui va mener d’autres personnages à les poursuivre et c’est la guerre qui les poussent dans cette fuite en avant. Mais c’est avant tout une histoire de famille… et de foyer. La voix d’Hazel en est d’ailleurs une parfaite représentation.

Cette quête du bonheur est parfaitement illustrée par Fiona Stamples qui est l’illustratrice ET la coloriste de Saga. Quel régal pour les yeux ! Et pourtant je ne suis pas particulièrement fan des aplats colorés. Mais si je trouve que les dessins manquent singulièrement d’ombre pour les rendre plus tangibles je ne peux que saluer l’efficacité redoutable de ses lignes tantôt douces, tantôt trash qui donnent corps au texte. Ses couleurs pop et chaudes rendent Saga plus intimiste encore et soulignent une certaine forme de poésie : le rose incandescent des fantômes, le bleu du Chat Sincère, le vert magique de leur vaisseau plante. D’un autre côté, son dessin peut également se montrer sanglant et effrayant à commencer par La Traque ce personnage arachnide aux yeux rouges et au corps longiligne, ou encore l’explosion remarquable du crâne d’un proxénète (scène favorite for ever après celle du baiser dans la forêt) qui n’est pas sans rappeler un certain épisode de Game of Thrones

Scénario et dessin se complètent à la perfection pour nous donner à voir et à lire une love-story intergalactique haute en couleur. J’ai A-DO-RÉ.

En résumé

Réécriture contemporaine et plus mature du Roméo et Juliette de Shakespeare, Saga trace son propre mythe. Entre quête du bonheur et space opera, Brian K. Vaughan et Fiona Staples savent y faire pour nous faire voyager dans leur univers pop et coloré. Pas un coup de coeur mais une très très bonne lecture !

Et sinon, vous, vous auriez des comics à me conseiller ? J’ai déjà Lady Mechanika dans les valises mais je suis impatiente de découvrir vos suggestions !

 

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