D’Encre, de Verre et d’Acier de Gwendolyn Clare

D’Encre, de Verre et d’Acier avait absolument tout pour me plaire. Un univers un peu steampunk, une Italie du XIXe siècle uchronique, une héroïne au caractère bien trempé et surtout un rapport au livre, à sa fabrication, sa restauration et à son imaginaire qui laissait présager une lecture enrichissante. Et pourtant, bien que cela reste une très bonne lecture je suis passée à rien du tout du coup de coeur. Je remercie les éditions Lumen pour l’envoi de ce service presse.

Mon résumé

Jumi da Veldana et Elsa, sa fille, sont nées dans un monde créé de toutes pièces, un monde d’encre posé sur un papier bien spécifique. Les paysages, les êtres, le ciel, tout a été inventé par un certain Montaigne, un scriptologue de génie mais passablement imbu de sa personne. Normal lorsque l’on se prend pour un dieu. Jumi a décidé à son tour de devenir scriptologue afin de protéger son monde des tendances mégalomanes de son créateur. Mais son amour de la science ne l’aurait-elle pas poussée trop loin ? C’est du moins ce que l’on pense lorsqu’elle se fait enlever dans sa propre maison.

Elsa se lance aussitôt à la poursuite de ses ravisseurs armée de son livre de traverse et d’un revolver. Arrivée dans le monde réel dont elle ne connaît aucune règle, elle désespère de pouvoir retrouver sa mère et son livre-monde, de pouvoir un jour rentrer chez elle. Dépassée par les événements elle se tourne vers Alek de Vries, un homme que sa mère considérait comme digne de confiance et qui la mènera dans une maison pleine d’enfants rescapés exactement comme elle, avec des dons particuliers pour la mécanique, l’alchimie, la scriptologie… A leur contact la jeune fille apprendra à s’ouvrir et à faire confiance, mais à quel prix ?

Mon avis

D’Encre, de Verre et d’Acier est un roman qui prend son temps. Les 200 premières pages sont entièrement consacrées à l’introduction, l’intronisation des personnages, la description de l’univers et de son concept, et la lente métamorphose de notre héroïne, Elsa. C’est peut être cela qui m’a fait passer à côté du coup de coeur… ou peut-être pas. Les premières pages du roman m’ont fascinée : on est plongé dans le monde de Veldana aux côtés d’Elsa qui vient de découvrir une créature marine sur la berge. Dès cet instant, l’autrice a placé son côté « steampunk » : on y présente un gant, presque cybernétique, fait de capteurs et autre machinerie afin de déterminer la stabilité de la créature. Va t-elle se synchroniser avec le monde qui l’entoure ou se désintégrer ?

Cette petite incursion à Veldana sera la première et la dernière (on y revient un tout petit peu sur la fin) et c’est plutôt cela qui m’a dérangée. De ce monde d’encre et de papier on ne connaît quasiment rien. Or, tout le reste du roman on suit notre héroïne dans sa quête pour retrouver le livre-monde l’ayant créé afin de le protéger de ses ravisseurs. Mais on est dans le monde réel. Un monde, certes uchronique, une Italie un peu atypique avec son lot de magie, d’inventions et de faits historiques nouveaux mais un monde avec des êtres humains comme vous et moi, leurs coutumes que l’on connaît bien, la tour de Pise, et autres monuments bien réels et existants. J’aurais tellement voulu en apprendre plus sur son monde, sur ses caractéristiques que l’on survole, etc., que je n’ai pas pu m’empêcher de regretter qu’à aucun moment l’héroïne n’y retourne (pour la simple et bonne raison qu’elle ne pouvait pas savoir si son monde avait été ou non brûlé dans l’incendie ayant ravagé la maison de Montaigne dans laquelle le livre-monde était enfermé).

En dehors de cela, ce premier tome est une excellente lecture avec une héroïne qui a du caractère et on peut même voir quelques propos féministes se glissaient çà et là par l’intermédiaire de phrases prononcées par le passé par sa mère. Ayant toujours été seule et ayant toujours eu conscience que son peuple était méprisé par les terrestres pour n’être « qu’une invention », Elsa arrive sur Terre avec une idée bien précise sur ce que les autres pensent d’elle, mais elle ne s’attendait pas à trouver refuge au sein d’une « maison de fous » appartenant à l’ordre d’Archimède visant à protéger les personnes aliénées. Entourée d’adolescents tout à fait singuliers avec qui elle devra composer pour avancer, Elsa ne peut plus cacher son secret : elle est polymathe, douée dans tous les domaines d’aliénation : mécanique, alchimie et scriptologie. Ce don particulier pourrait lui valoir l’attention des Royaumes du monde entier, ou pire, celle des ravisseurs de sa mère. Heureusement elle peut compter sur ceux qui l’entourent désormais : Léo le mécanicien qui cache un passé familial lourd et mystérieux et qui jouera un rôle prépondérant dans le prochain tome, Faraz le tunisien alchimiste de génie avec son petit monstre tentaculaire, Skandar, et Porsia une alchimiste qui porte la responsabilité de la maison familiale au départ de sa mère.

Création de livre univers, traversées de portails scriptologiques, labyrinthe mortel, violation de sépulture, rencontres en tous genres (assassin, cabonari, fantômes du passé) viennent ponctuer le roman, lui offrant son lot de rebondissements et d’action. L’autrice remet également la restauration des livres au goût du jour avec le vocabulaire et les étapes appropriés tout en la mâtinant de magie avec l’aide précieuse d’une machine afin d’accélérer le processus. Casa, l’intelligence artificielle de la maison des aliénés participe à la création de cet univers unique et onirique qui est celui D’Encre, de Verre et d’Acier par de petites apparitions afin d’aider Elsa à avancer vers les autres. Les robots de cuivre, ou encore le « train de table » dont les wagons desservent plats et assiettes, sont tellement bien décrits que j’ai pu les imaginer avec grand plaisir ! D’ailleurs les précisions scientifiques, magiques ou historiques sont extrêmement documentées et décrites permettant une immersion totale dans l’univers de l’autrice, un point qui aura pu en lasser certain.e.s mais qui m’a ravi !

A la lecture de ce premier tome je n’ai pas pu m’empêcher de penser non seulement à Harry Potter et ses chemins de traverse bien sûr, mais également à Fils des Brumes de Brandon Sanderson, que je n’ai jamais eu l’occasion de chroniquer sur ce blog mais qui reste une de mes sagas fantasy favorite pour toutes ses explications très scientifiques, recherchées et immersives des formes de magie qui parcourent les romans. J’espère que ce point ne changera pas !

En résumé

D’Encre, de Verre et d’Acier est un excellent premier tome qui n’en dévoile toutefois pas assez. En dehors de Léo les seconds personnages restent un peu creux et j’ai eu du mal à m’attacher à eux, tandis que l’univers de Veldana manque de consistance. D’un autre côté j’ai adoré l’univers onirique créé par Gwendolyn Clare sur Terre, l’utilisation des sciences mécaniques, alchimiques et scriptologiques extrêmement bien détaillées m’ont charmée et l’héroïne, très caractérielle, m’a convaincue. Point bonus pour la couverture absolument sublime !

J’attends le second tome avec impatience afin d’en apprendre plus sur les Livre-Mondes et poursuivre les aventures avec Elsa et Léo (je croise les doigts pour que Lumen me l’envoie ^^).

Un commentaire sur “D’Encre, de Verre et d’Acier de Gwendolyn Clare

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :