Inaccessibles : La Tour aux mille étages de Katharine McGee

Inaccessibles c’est un roman que j’ai pris un peu par hasard à Montreuil l’année dernière, peut-être pour sa couverture, peut-être pour cette phrase « plus dure sera la chute ». Indéniablement j’avais envie de savoir. Et c’est là toute la beauté de ce roman. Entouré de tous ces secrets vous aurez tous envie de savoir, comprendre, connaître qui est la personne dont le secret fut fatal.

Résumé Michel Lafont

Bienvenue à Manhattan, en 2118. New York est à la pointe de l’innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal. Jusqu’au jour où une jeune femme tombe du millième étage…

Meurtre ou accident ? Les suspects sont nombreux. La belle et riche Eris, qui découvre un secret familial terrible ? Rylin, qui travaille pour un garçon des étages supérieurs ? Watt, qui espionne tout le monde grâce à une IA qu’il a créée ? Leda, qui cache une addiction ? Ou Avery, la plus parfaite de tous, qui habite le penthouse du millième étage ? Entre soirées débridées, glamour et petits secret entre amis, la Tour aux mille étages va révéler ses mystères.

Mon avis

J’ai passé un super moment de lecture avec ce premier tome plein de rebondissements et de mystères. La première scène, magnifique dans sa cruauté, délicate et sensible, où l’on voit cette jeune fille splendide, aérienne, tombée du millième étage pour s’écraser 4 km plus bas est juste waouh. D’emblée le ton est donné : derrière son faste, sa beauté architecturale, la Tour cache son lot de secrets. Et ces secrets nous les connaissons tous. A la manière de Gossip Girl, Riverdale ou encore Pretty Little Liars nous suivons cinq personnages tous plus différents les uns que les autres dans leur vie quotidienne. Leur point commun ? Chacun.e a un secret mais refuse de le révéler à qui que ce soit, et ce sont ces secrets qui les mèneront jusqu’à la chute de l’une des leurs. Pourtant, derrière leur façade froide et distante ou au contraire sociable et souriante, se cachent des personnes profonds, blessés par la vie qui n’ont d’autres choix que de se glisser dans l’apparence de quelqu’un d’autre.

Des personnages ambivalents et réalistes !

Mon personnage préféré est Avery Fuller, la fille du millième étage, celle qui réside au penthouse, celle à qui tout sourit. Mais Avery a un défaut : elle est belle. Elle déteste qu’on le lui dise puisque depuis toujours elle sait qu’on a l’a modifiée génétiquement pour qu’elle le soit. De l’ADN quelconque de ses parents est née une personne toute en grâce et en beauté. Seul son frère, Atlas, connaît son aversion pour ce mot. Son frère qui a disparu depuis un an et dont elle se languit, terriblement seule dans son appartement aux centaines de miroirs lui renvoyant chaque jour un peu plus son image de fille parfaite.
En second vient Rylin, celle qui n’est pas riche, qui travaille sans relâche dans un job qu’elle rêve de quitter et qui élève seule sa petite sœur Chrissa. Sa vie n’est que sorties et débauches le soir pour oublier un peu plus son quotidien. Mais quand Cord Anderton l’appelle pour nettoyer une soirée, elle ne se doute pas de ce qui l’attend : un happy ending ou une galère encore plus grosse que celle dans laquelle elle était déjà ?

Je trouve que ce sont les personnages dont les secrets sont finalement les plus légitimes (mais dont je ne peux évidemment rien vous dire ahah) et les plus à même d’être cachés. Mais globalement chaque personnage a été profondément étudiés, même les secondaires comme Hiral, Cord Anderton ou encore Atlas. Et j’ai apprécié que l’auteure ne se contente pas uniquement de points de vue féminins et accorde une petite place à Watt, le seul personnage principal masculin.

Le futurisme : un prétexte ?

L’univers qu’a créé l’autrice avec cette tour de mille étages en plein New York se place en 2118. Pour moi ce n’est qu’un prétexte pour créer une image impactante : la chute. D’ailleurs l’autrice racontait dans une interview que c’est en observant les gratte ciels que l’idée lui est venue. Pour moi c’est un peu le symbole d’Icare remis au goût du jour : à trop s’approcher du soleil on finit par se brûler les ailes. Mais en soit le futurisme ne sert finalement qu’à expliquer le fait qu’un immeuble de 1000 étages puisse exister. Tout aurait pu se produire dans un univers contemporain puisque déjà aujourd’hui les étages les plus hauts (quand il y a un ascenseur ^^) sont les plus demandés et donc les plus chers. On peut donc y voir un prétexte.

Mais l’auteure, au lieu d’en rester là, a construit une véritable cosmographie. Son côté SF permet d’instaurer un genre de code hiérarchique stricte régit par l’étage auquel tu appartiens. Avery est la plus riche, tout le monde s’écarte sur son passage parce qu’elle vit au dernier étage. Mais on s’écarte aussi devant Eris qui n’arrive pas loin derrière elle. Alors qu’on ne le fait pas devant Leda qui habite pourtant la Tour. Et puis certaines images n’auraient pas pu être créées sans ce côté « science-fiction » : le Bubble Lounge où l’alcool flotte dans des bulles et où l’on doit tendre sa paille à l’intérieur pour boire ; le Grill étonnant de simplicité ; ou encore des choses très rétros et très chères comme les boucles d’oreilles en verre qu’Eris porte à une soirée. Tout cela pétille, scintille et rend l’environnement étrangement agréable à vivre. On a envie d’y être ! Malgré tous les hics qu’il peut y avoir, on se retrouve un peu papillon attirer par la lumière. Mais attention à ne pas s’y brûler !

Une plume agréable

Comme toujours pour les livres que j’apprécie, je fais un petit écart et vous parle de la plume de l’autrice. Ici, elle n’a pas non plus grand-chose d’exceptionnelle comme Charlotte Bousquet ou encore Stéphane Servant, mes deux auteurs chouchous à l’écriture si remarquable, mais elle est très fluide et change légèrement selon chaque personnage : plus dure pour Léda, plus cynique pour Avery, plus capricieuse pour Eris, etc. Les mots utilisés, les phrases, les expressions reflètent le caractère de chacun.e.

Le rythme du récit est parfaitement calculé, d’abord lent, le temps d’installer l’ensemble des personnages, de comprendre les secrets de chacun. Et puis le jour où la vie d’Eris vole en éclat on a l’impression qu’une bascule s’opère chez chacun d’entre eux. L’événement décisif qui aura tout déclenché. Malgré tout l’auteure ne va pas trop vite, elle prend son temps, instaure sa petite toile d’araignée, ce qui rend son roman d’autant plus addictif, et quand le grand final arrive, on reste agrippé au livre pour savoir qui, qui tombe de la Tour. Quel secret l’aura avalé ?

En résumé

Inaccessibles est un roman qui m’aura fait passer un très agréable moment de lecture. Assez éloigné de mes lectures habituelles, ce premier tome m’aura fait vivre des hauts et des bas assez incroyables à mesure que les personnages s’enfoncent dans les ténèbres. Je salue aussi le choix de la couverture : cette Tour dorée qui sort de la noirceur ou au contraire qui se fait engloutir…un choix très révélateur et très réussi ! Je vais sans doute prendre le tome 2 pour savoir comment nos personnages vont se relever après cette abominable histoire, tout en sachant que l’un.e d’entre eux connaît tous leurs secrets.

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