Violet Evergarden et les poupées de souvenirs automatiques

Violet Evergarden est un des nombreux animés présents sur Netflix que je voulais voir avec Les Enfants de la Baleine. Que d’émotions, de larmes, et d’ascenseurs émotionnels ! L’animé est réalisé par Taichi Ishidate avec au scénario Reiko Yoshida et en character designer Akiko Takase. Elle est diffusée par Netflix en France et au Canada en deux saisons, avec un total de 14 épisodes.

Mon résumé

Violet Evergarden est une ancienne soldate, une arme. Suite à un grave accident elle est hospitalisée et peine à se souvenir de ce qui lui est arrivé. Trois petits mots restent gravés dans sa mémoire, les derniers prononcés par le Major, trois petits mots qu’elle ne comprend pas.
Recueillie dans une famille d’accueil où elle n’arrive pas à se sentir à l’aise, Violet décide de suivre Claudia Hodgins, un bon ami du Major, et de s’engager auprès des Postes CH. Elle fera alors une rencontre qui changera à jamais sa façon d’être et sa vision des autres : les poupées de souvenirs automatiques.

Mon avis

D’un point de vue scénaristique, Violet Evergarden a quelques faiblesses notamment pour son background dont on ne voit presque rien sans parler des paysages, de l’environnement, etc. qui restent quasiment absents et dont les rares aperçus nous font croire qu’il y aurait pourtant eu matière. L’histoire se déroule peu après une guerre ayant déchiré l’Europe et pouvant se rapprocher de la guerre 14-18 dans son scénario et son époque. Mais Violet présente une particularité : deux prothèses mécaniques ne pouvant donc pas la situer sur cette période. Pour contrer cela, ce manque, le scénariste a créé un personnage fort, saisissant, qui occupe toute la place à l’écran : Violet Evergarden. Un joli brin de fille, des cheveux blonds, un regard saphir, des bras mécaniques et une incapacité à comprendre les émotions humaines. Alors comment comprendre les derniers mots du Major : ce « je vous aime » ? Qu’est ce que l’amour ? Les sentiments ? C’est à la poursuite des réponses à ces questions que nous suivrons Violet aux quatre coins du monde. Un monde dont nous ne verrons quasiment rien mais qui semble cacher une beauté quasi poétique.

Les poupées de souvenirs automatiques sont à l’origine des poupées mécaniques initialement créées par le professeur Orland pour aider sa femme Mollie, aveugle, à écrire ses romans. A la CH Postal, elles sont bel et bien vivantes et aident du mieux qu’elles le peuvent les citoyens, du plus pauvre au plus riche, à libérer leurs sentiments et les coucher sur le papier. Elles m’ont beaucoup fait penser aux écrivains fantômes ou même aux marraines de guerre. Intriguée par ces dernières, Violet Evergarden décide d’en devenir une afin de comprendre par ce biais les émotions humaines. Mais comment faire preuve d’empathie quand sa vie entière a été vouée à la guerre ? Quand on porte sur soi la marque de ses blessures ? Et quand on a tué des centaines d’hommes au combat ? Les divers épisodes mettent en scène sa quête désespérée de compréhension qui la mènera à conclure des accords de paix, écrire la lettre d’un soldat à sa famille ou encore, même, des lettres d’amour. La plupart de ces passages sont très émouvants et, puisque maintenant vous me connaissez, je ne vous cache pas que cet animé m’a fait pleurer comme une madeleine ^^

« – Je comprends vous ne savez pas encore que votre corps est en feu, et qu’il brûle à cause des choses que vous avez faites.
– Je ne brûle pas.
– Si, vous brûlez. Je sais qu’un jour vous comprendrez ce que je vous dis. Et ensuite vous vous rendrez compte pour la première fois que vous êtes couverte de brûlures »

Mais j’ai A-DO-RÉ. L’héroïne, les situations complexes mises en scène, les décors, la lumière, les musiques, les dialogues ! On comprend bien que l’animé joue sur le pathos, et le drame, voire la romance, dans un genre de melting pot « fait exprès » pour nous tirer des larmes mais franchement… on s’en fiche non ? C’est un peu ça aussi, le Japon, des émotions fortes et à fleur de peau, il n’y a qu’à voir Your Name ou 5 centimètres par seconde (meilleur animé sheinen ever) pour comprendre que le réalisme n’est pas leur fort, que certaines situations sont quasiment impossibles, comme par exemple faire des bons de plusieurs mètres (n’est ce pas Violet ?), mais je trouve que c’est aussi ce qui fait leur charme, ce qui les caractérise, ce qui les rend si beaux et si forts.

En résumé

Violet Evergarden, sous son mélodrame japonais, est une véritable merveille tant d’un point de vue visuel qu’émotionnel. Il rappelle à tous l’importance de l’écriture, des lettres, pour faire le deuil de son passé, avancer, comprendre et peut-être, aussi, pour retrouver l’espoir. Sa bande originale et ses personnages exquis créent un ensemble poétique dont il est dur de s’échapper… et le veut-on vraiment ?

Un commentaire sur “Violet Evergarden et les poupées de souvenirs automatiques

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  1. Bonjour,

    Je me pose beaucoup de questions à propos de Violet E. que je viens de voir et tombe sur votre publication.

    Je partage globalement votre avis, volonté de faire pleurer dans les chaumières, incohérence technologique entre les bras* et les trains à vapeur ou guerres de tranchées à dominante d’artillerie… mais aussi les images, belles, le personnage attachant, vraiment mal posé (qu’est-ce que cette notion d’outil ou d’arme de guerre à propos de V. sans aucune indication sur le passé d’où cela provient?). Je le préfère quand il saute très/trop loin que lorsqu’il joue les « Rambo » imperméables au balles!

    Ce qui me déplaît souverainement c’est le cadre social, marqué par le patriarcat et une société très hiérarchisée que j’espère en train de disparaître au Japon. L’épisode « dysneyen » est globalement insupportable!

    Des remarques à faire aussi sur cette quête de signification et son rapport à l’autisme.

    En conclusion… même si je dois me faire un peu violence, j’aime! et pour faire suite à votre résumé je ne souhaite pas m’échapper.

    *risible cette destruction mécanique lors de l’attaque du train.

    J’aime

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