Mes vies à l’envers de Maxime Fontaine

Je remercie Gulf Stream Editeur de m’avoir envoyé ce service presse que j’ai littéralement dévoré, sur la plage, dans mon lit, dans le jardin, bref, partout, tout comme il m’a fait voyager à travers le temps et l’espace.

Mon résumé

Yohann Massart aurait pu être un lycéen comme les autres. D’ailleurs il l’était, au début, avant de se faire assassiner par trois illuminés dont sa petite amie, Léa. Avant de se réveiller en pleine guerre mondiale dans la peau d’un soldat allemand. Toujours poursuivi par ce trio infernal qui semble le pourchasser à travers le temps et l’espace et qui veut objectivement et définitivement le voir disparaître. Alors quand on est un lycéen et qu’on se retrouve dans des époques où il n’y a ni téléphones, ni séries télévisées et où les combats ne se déroulent pas dans un jeu virtuel que reste t-il à faire si ce n’est fuir ?

Mon avis

Il n’y a pas à dire ce roman ado sort de l’ordinaire ! Moi qui le prenait pour une énième allégorie de l’adolescence… que nenni c’est un livre qui a du pep’s, de l’humour, et une intrigue aussi captivante qu’inquiétante.

Yohann Massart a tout de l’adolescent ordinaire : séries télévisées, textos, et jeux vidéos composent son univers. Maladroit et terriblement timide avec les filles, il est tombé sur une perle rare qui illumine ses journées : Léa. Léa qui lève sa main pailletée et lui tire une balle en pleine poitrine. Léa recouverte d’un masque grimaçant. Et ce dès la première page. C’est sans aucun doute le premier point fort de ce roman : pas le temps de réfléchir, d’installer l’histoire, de paraphraser sur de longs paragraphes l’environnement morne et ô combien commun de l’adolescence, non, d’entrée de jeu notre héros est mort, rendez-vous page suivante.

Second point fort : l’humour. Notre personnage principal pratique l’auto-dérision à l’excès et ce même au moment de mourir. Un trait qui courra tout le long du livre quoique, un peu moins vers la fin (nan mais sauver le monde, détruire les méchants toussa toussa ça demande un peu de sérieux comprenez-vous).

« Au milieu du néant voilé où je venais d’atterrir, j’eus comme la désagréable impression d’avoir à moitié raté ma mort. Déjà que j’avais mené une bien courte vie, déjà qu’elle m’apportait dix fois plus de questions que de réponses, j’aurais pu m’appliquer un peu pour correctement mettre en scène ma sortie, zut ! ».

Mais ce qui caractérise le plus Mes vies à l’envers c’est l’Histoire. Et l’Histoire avec un grand H : de la guerre mondiale dans le corps d’un soldat allemand, à la traite négrière dans le corps d’un enfant de neuf ans, à celui du siècle des lumières dans le corps d’un ancêtre particulièrement féroce, Yohann n’en a pas fini de voyager… et de mourir. Poursuivi par ce trio dont on apprend finalement que peu de choses (serait-ce le point négatif de ce roman ?), chaque mort lui vaut un bond imprévisible dans le passé et dans un autre corps. Ô quelle drôle de chose que de se retrouver avec une fente entre les cuisses… Les descriptions de Maxime Fontaine nous permettent en quelques pages de s’implanter directement dans ses décors : tranchées de boue et de sang, navire marchand à bord duquel des centaines d’esclaves noirs sont recroquevillés, ou encore Shuinsen japonais sont autant de décors qui m’ont émerveillée et m’ont littéralement fait voyager. Je tire mon chapeau !

Et parce que sinon ce ne serait pas un roman adolescent digne de ce nom comme on les aime, Maxime Fontaine prête à son héros un regard profondément humain sur ce qui l’entoure et pour ces corps qu’il incarne. Je pense notamment à sa relation avec Aliou et Yeleen sur l’Enguia Azul avec qui il a partagé leur quotidien d’esclaves noires ou encore avec Edmundo Faia intrépide vaurien à Lisbonne. Des relations qui forgent petit à petit notre héros et lui donnent aussi un avant-goût de l’âge adulte.

Mais la fin (dont je ne vais évidemment pas vous dire un traître mot) reste pour moi le point qu’il ne fallait absolument pas manquer à la suite de cette course contre la montre à rebours. Pari réussi pour Maxime Fontaine qui signe là une très surprenante conclusion qui nous laisse imaginer le pire…ou le meilleur.

En résumé

Mes vies à l’envers est un roman étonnant qui prend le parti du fantastique pour raconter l’Histoire. Sous prétexte d’une allégorie adolescente, Maxime Fontaine nous fait voyager avec plaisir à travers le temps et l’espace (et ici rien de scientifique !) et nous livre une vision de la réincarnation encore jamais exploitée. La fin, aussi surprenante qu’ouverte nous donne une conclusion à l’image du roman : mystérieuse et hantée.

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