Open Graf by 60 artists

Grâce à Woody, un ami que je me suis fait lors de mes études, j’ai eu accès à ce lieu hors du commun avant sa transformation et après, hors accès visiteurs. C’était très intéressants de le suivre dans cette aventure lui avec sa caméra et moi avec mon appareil photo. Cet article en est une restitution avec quelques photographies que j’ai classées pour plus de facilité sur wordpress. Sachez que j’avais aux alentours de 500 clichés et que le tri fut long et laborieux…

A l’ancien hôtel F1 de La Roche-sur-Yon, près du Vendéespace, où se tient chaque année des dizaines de spectacles, des centaines de couleurs parent les murs. Invisibles dans quelques mois. Bientôt ce seront des gravats colorés qui giseront au sol, et deci des pierres jaunes, ocres et dorées, et delà des pierres rouges, vertes et bleu électrique.

Si cet étrange ensemble cosmopolite a pu voir le jour c’est grâce à Ars Muralis, une asso’ qui œuvre depuis quelques années pour que le graf’ soit reconnu comme un art à part entière. Un art de la rue, certes. Un art de l’éphémère, aussi. Mais qui s’invite de plus en plus dans les musées alors qu’il continue à être vu de manière répréhensible. Pourtant, des villes comme Berlin s’élèvent comme des remparts et promulguent ces « gribouillis », ces « horreurs » au rang d’art et de fresques murales au même titre que De Vinci.

Je pense pour ma part que cette expression, peut-être trop sauvage, trop euphorique, trop excentrique, effraie les personnes qui ne se sentent pas assez libres. Oppressées par des carcans sociaux, des idées préconçues, des stéréotypes mal venus. Pour ma part il existe peut-être trois manières d’exercer le graf’ et de le vivre :

– le vandalisme : parce qu’il est absolument certain que des grafeurs s’adonnent au vandalisme et qu’il y a là aussi une forme de beauté artistique à voir s’étaler sur des murs inaccessibles des mots et des couleurs.
– la dénonciation : puisque de nombreux artistes élèvent leurs voix sur des murs que vous voyez tous les jours alors que vous ne les remarqueriez même pas dans la rue si vous les croisiez. Parce que certains mots choquent. Parce que certaines images troublent.
– la fibre artistique : parce qu’il y a des grafeurs qui ne sont pas tout le temps considérés comme tels, travaillant sur des recherches graphiques, des proses colorées, des univers bien à eux.

Il y a en a qui mélangent les trois, d’autres deux, d’autres une seule de ces trois caractéristiques mais chacun y va de son expression libre, de sa touche dans l’univers, de sa trace urbaine. Et peut-être, aussi, qu’il y a une certaine forme de bonheur impalpable de savoir que, quelque part, réside une trace infime de notre passage, même recouverte d’une peinture blanche et immaculée qui ne tardera pas à retrouver ses couleurs.

Personnellement je ne suis pas une grafeuse, la vérité c’est que je suis moi-même prise dans ces carcans sociaux qui m’empêchent d’étaler sur les murs ma haine, ma rage, ma joie. Je me considère à peine comme une artiste et pourtant, je ressentais bel et bien un genre d’euphorie à pénétrer dans ce bâtiment éclaté à la bombe, transie de froid, les murs moites d’humidité, alors que je prenais cliché sur cliché ces murs éphémères.

Alice in Wonderland by Laluz

Une salle que j’ai grandement appréciée pour son rapport à la féminité et à la femme par extension. De multiples Alice se côtoient dans l’espace et donnent à voir des femmes de tout âge.

Les chambres Anamorphose by Bobaxx, Damo, Dirti, Lysian et Rolan

Une série de photographies que j’ai dû prendre en noir et blanc pour des raisons d’éclairage. Ayant pris la plupart de mes clichés de nuit, la lumière n’était pas suffisante et nous devions allumer les appliques de l’hôtel. Pas top. Mais bizarrement ça donne un côté un petit peu uniforme à leurs travaux ce qui était leur volonté principale d’après Bobaxx.

Colorful : une série de photographies de graffs très colorés

A l’intérieur de cette mosaïque d’images de nombreux artistes très différents avec des univers tout aussi éclectiques : plutôt jungle ou tagg, plutôt douceur ou violence, les chambres s’enchaînaient à une vitesse incroyable et je passais d’une à l’autre comme si je changeais de dimension.

Outside : tous les graffs pris en extérieur

Je crois que l’on peut réellement parler de musée à ciel ouvert étant donné le nombre et la qualité impressionnante des graffs qui ornaient les murs extérieurs de l’hôtel F1. J’étais littéralement subjuguée ! Dur de ne retenir qu’une seule photographie de chaque oeuvre mais l’espace wordpress ne me permet pas de vous proposer autant de photographies que je le voudrais.

Weirds : les graffs un peu bizarres mais non moins cools d’Open Graf

Il y a des graffs qui nous parlent plus que d’autres : par le combat dénoncé, par l’acte, pas le dessin, par l’esthétisme. Il y en a d’autres qui nous laissent un peu perplexes…Et c’est exactement ça que j’ai ressenti face aux graffs présentés ci-dessous.

Details and colors

Je finirais ce retour sur Open Graf, par une petite série de photographies de détails relevés lors de mes errements : fenêtres, couleurs, signatures…

Open Graf est un musée à ciel ouvert que j’ai pris grand plaisir à visiter. Sa destruction est prévue pour novembre 2018. Mise à part ces prises photographiques vous pouvez également retrouver sur la page facebook de Woody’s Land : des interviews de certains artistes présents et la création de certains graffitis en direct live !

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