Le ciel nous appartient : une lecture cocooning parfaite !

Le ciel nous appartient, publié aux éditions Les Grandes Personnes, est un roman qui traîne depuis février dans ma bibliothèque sans que je n’ose l’ouvrir : manque de temps, d’autres romans à lire, d’autres choses à faire, les excuses ne manquent pas. Je vais vous dire une chose…je ne regrette rien !

Résumé

Tout le monde pense de Sophie qu’elle est orpheline. La jeune Anglaise demeure cependant persuadée que sa mère n’a pas sombré avec le navire qui la laissa, à l’âge d’un an, flottant dans un étui à violoncelle au beau milieu de la Manche.
Alors, lorsque les services d’Aide à l’enfance menacent Charles Maxim, son tuteur, érudit farfelu aux méthodes d’éducation fantasques, de lui reprendre la garde de Sophie, celle-ci décide de poursuivre ses rêves et part pour Paris avec lui sur les traces de la disparue…
Une cavale menée sous le signe de l’espoir, qui conduira la fuyarde sur les toits de la ville-lumière, en compagnie du sauvage Matteo et de sa bande de danseurs du ciel.
Froussards et phobiques des hauteurs s’abstenir : mieux vaut avoir le coeur bien accroché pour pouvoir suivre ces gamins-là !

Mon avis

Un roman dont j’ai noté bon nombre de citations, de pensées tant elles me touchaient par leur justesse et leur douceur. Un roman que j’ai dévoré de bout en bout, le dimanche matin 10h jusqu’à 12h afin de compléter mon week-end à 1000 mais aussi de satisfaire ma curiosité. En effet, une fois ouvert, impossible de le reposer tant les personnages dépeints par Katherine Rundell vous attirent, autant par leur gentillesse et leur bonté d’âme que par l’injustice qui se dégage de leur situation.

Sophie jeune orpheline, naufragée d’un bateau qui sombre en mer, se fait recueillir par Charles, un tuteur aussi maladroit que loufoque. Les services de l’enfance, dans cette histoire complètement à côté de la plaque et insensibles, trouvent anormal qu’un homme seul, érudit de surcroît (c’est-à-dire ne connaissant rien à la bienséance, aux bonnes manières, et aux conduites de la société) puisse élever une gamine de 10 printemps. On ne peut pas dire que son éducation soit portée sur l’étiquette : pantalons au lieu de la jupe usuelle, la mangeaille directement mise sur la Bible, le crayonnage sur les murs et la propreté qui laisse somme toute à désirer. Oui, on ne peut pas dire que Charles soit le mieux placé pour le tutorat. Et pourtant se crée une formidable amitié entre ces deux personnages à la dérive. Au grès des rencontres avec Shakespeare ou bien la poésie, entrecoupées de petites sonates au violoncelle, nos deux protagonistes vont nous faire prendre conscience de la vraie valeur des choses, ce qu’on a très souvent tendance à oublier.

Mais Sophie n’est pas une orpheline comme les autres. Sa mère, elle s’en souvient, elle en est sûre :
« Les filles, s’insurgea t-elle, ne portent pas de pantalons. »
Sophie la contredit fermement « Ma mère en portait, elle. Je le sais. Cela lui permettait de danser, quand elle jouait du violoncelle ».
– C’est impossible dit miss Eliot, entonnant son éternelle rengaine. Les femmes ne jouent pas de violoncelle, Sophie. Et vous étiez bien trop jeune pour vous en souvenir, de toute façon. Efforcez-vous d’être plus honnête, ma petite.
– Mais c’est la vérité. Son pantalon était noir, et grisâtre aux genoux. Et elle possédait des souliers noirs. Je m’en souviens.
– Vous vous imaginez des choses, ma chère. »

Sophie ne se laisse pas abattre et continue à clamer haut et fort qu’elle se souvient de sa mère aux cheveux de clair de lune. Alors, sous la menace de l’aide à l’enfance, Charles et Sophie s’enfuient pour Paris dans l’espoir de retrouver sa mère avec pour seuls maigres indices le boîtier à violoncelle dans lequel on avait retrouvé la jeune fille. Par un extraordinaire tour du destin, ils se rapprochent peu à peu de celle qu’elle sait être encore en vie mais se heurtent brusquement à une sombre histoire d’assurance, aussi, police et avocat s’effacent prudemment devant les magouilles et leur refusent leur aide.

Sophie trouvera une autre voie, alors inespérée, dans le ciel, sur les toits, avec des enfants des rues. Ces derniers tenteront par tous les moyens de la guider vers son étoile.

Katherine Rundell nous laisse dans un flou quasi total quant à la date réel des événements si bien qu’on se concentre uniquement sur les personnages du roman et ces derniers ne nous laissent guère indifférents. Entre espoir et angoisse, rire et larmes, nous observons la petite Sophie grandir et se battre contres les préjugés et les idées reçues des adultes. Son phrasé enfantin et à la fois philosophique nous révèlent les secrets de l’enfance que l’on oublie lorsque l’on devient grand.

Pour conclure

Un roman court mais riche en émotions et en leçons de vie, de plus c’est une petite perle que j’ajoute à mon palmarès. En effet, un doux sourire planait constamment sur mes lèvres quand je l’ai lu : un livre plein de tendresse donc.

Citations

« Ce sont des danseurs du ciel eux aussi. Le ciel est leur maison. C’est comme ça qu’on appelle tous les enfants qui vivent dehors, mais qui ne sont pas des sans-abri. Pas ceux qui vivent dans la rue : ceux là sont simplement des enfants perdus, ils ont moins de chance. La rue, ça ne peut pas être un foyer, parce que d’autres gens l’utilisent, en permanence, et qu’un foyer, ça doit rester privé. » – Anastasia page 211

« S’ils ont de l’argent à gaspiller dans des vœux, alors ils n’ont pas autant besoin de ces vœux que moi de cet argent » – Matteo page 219

« Ils m’ont dit à moi qu’elle était morte, elle, et je ne les ai pas crus. Pourquoi l’a-t-elle cru ? Pourquoi n’a t-elle pas continué à chercher ?
– Mais, ma chérie, parce que c’est une adulte.
Sophie se dissimula derrière ses cheveux. La colère lui brûlait le visage et contractait ses traits.
– Ce n’est pas une raison.
– Si, mon amour. On enseigne aux adultes de ne jamais rien croire, à moins que ce ne soit déplaisant ou ennuyeux à mourir.
-C’est stupide dit-elle.
– Triste, mon enfant, mais pas stupide. Il est difficile de croire à des choses extraordinaires. C’est un talent que tu possèdes Sophie. Ne le perds jamais. » Charles et Sophie page 250

« Je suggère, Sophie, dit-il d’un voix bougonne, que tu n’évoques pas cet épisode auprès des services sociaux. Le lancer d’enfants à travers les toits n’est guère toléré, il me semble. » Charles page 279.

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