Dis-moi si tu souris : un roman sur l’acceptation et l’adolescence

Dis moi si tu souris est un roman que j’ai pu lire sous forme d’épreuves non corrigées suite à mon stage en librairie. Je ne regrette pas de l’avoir pris tant sa forme et son fond m’ont touchée.

Résumé

Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente.
D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable.

Mon avis

Il y a des fois dans nos lectures, de petites découvertes. Du genre autres que des coups de coeur. Comment pourrait-on les appeler…les perles ? Oui ce devrait être quelque chose comme ça. De vraies petites perles.
Parker a tout d’une adolescente normale : elle va au collège où elle a un groupe de potes, certains qu’elle connaît depuis longtemps, elle a créé des petits rituels avec Sarah, sa meilleure amie, comme toutes les filles de son âge et elle fait du sport, elle court, pour fuir ou pour aller vers l’avant mais qu’importe ? Mais c’est aussi une jeune fille dont le père est mort, deux semaines avant son quinzième anniversaire, une fille qui inscrit des étoiles jaunes à chaque fois qu’elle reste un jour de plus sans pleurer, une fille qui finira à jamais sa vie dans le noir à cause d’un accident de voiture.
Une adolescente ambiguë, donc, mais pas fragile. Dès le résumé le ton est donné, Parker est aussi catégorique que cinglante, et ouvre un nouvel horizon sur le handicap visuel, présentant une héroïne sans complexe, à la voix mordante. Le récit à la première personne nous oblige d’autant plus à incarner ce personnage haut en couleur qui ne voit pourtant que du noir. Pas à pas, nous apprenons à aimer, accorder notre confiance, et à ne pas se montrer égocentrique, même lorsque cela nous apparaît comme étant normal et « juste ».
Main dans la main avec cette héroïne nous passons du rire aux larmes, du sentiment d’emprisonnement à celui de liberté, de l’espoir à la douleur, de la haine à l’amour… Sans jamais décrocher ! Et pourtant je ne suis pas une fervente admiratrice des romans que je nomme « réalistes » et donc ancrés dans le réel. Trop vu et revu, ils me semblent toujours trop fade ou trop descriptif. Mais celui-ci m’a touchée, émue, bouleversée.
Même s’ils comportent quelques défauts. Et oui… que voulez-vous…
Je félicite tout de même l’auteur d’avoir pris pour sujet cet handicap qui n’est pas facile à travailler, ni à rendre compte dans la réalité. Malgré cela, quelques éléments nous amènent facilement à nous mettre à sa place. En effet, elle compte. Tout le temps. Pour les non handicapés on appellerait ceci des TOC (Troubles Obsessionnels du Comportement), mais pour Parker c’est une manière bien singulière d’appréhender son environnement.

« J’atteins la clôture du fond en cent quarante-deux pas, ma moyenne habituelle » page 9 de l’épreuve non corrigée.

Ainsi nous pouvons imaginer sans peine chaque pièce, chaque lieu à travers le point de vue de la narratrice et non celui des autres. Un autre moyen pour nous de percevoir notre environnement, même si bon, je ne me suis toujours pas mise à compter mes pas pour aller jusqu’à mon arrêt de bus !
L’auteur met en exergue un autre point de vue, toujours à travers le regard de Parker : celui des autres. Comment est-elle perçue ? Comment les autres la voient-ils ? Comme une menteuse ? Une dégénérée de la vie ? Ou plutôt comme une confidente ? À l’écoute ? Une plongée dans un quotidien pas facile facile. Heureusement, elle peut compter sur de nombreuses personnes pour l’aider à faire face : ses amis bien sûr, son ex, ses ennemis, et même son professeur de sport qui l’aperçoit un jour courir sur le stade, sans aide aucune. Difficile de se faire dispenser par la suite! On y apprend alors beaucoup de choses sur le regard, mais aussi sur le sport pour les paralympiques, et oui chaque livre est une source de savoir ! (Mise en application lors des JO).
Alors pourquoi est-il classé dans les petites perles et non dans les coups de coeur ?
Et bien…et bien parce qu’il manque un peu de profondeur. Scott, l’ex meilleur ami/petit ami n’est au final évoqué que vers la moitié du roman et très peu, sans vraiment lui mettre de relief, de consistance. J’ai d’ailleurs trouvé leur relation très peu mise en avant contrairement à celle de Parker avec sa meilleure amie Sarah d’ailleurs en voici un extrait :

« … Mais elle est toujours là pour moi, et je n’en reviens tellement pas de ma chance que je me demande ce que j’ai pu faire pour le mériter. Si tu te demandes ce que c’est qu’une âme sœur, Marissa, c’est ça : Sarah est mon âme sœur. Je me dresserais face à un train pour elle, et je l’aime parce que je sais qu’elle aussi » page 273 de l’épreuve non corrigée.

Par ailleurs ce passage se prolonge sur trois pages, et cette relation fusionnelle et conflictuelle est évoquée de manière dramatique à plusieurs reprises lors du roman.
Entre elle et Scott c’est par petites touches, par ci par là, on en apprend plus sur leur passé commun mais au final je trouve que ça reste très en surface.
De plus, il est dommage que Parker perde de son mordant, j’aurais bien aimé voir ce personnage garder de sa force jusqu’à la fin même en pleurant, en hurlant, en ayant mal, j’aurais aimé la voir sortir une pique bien cynique à un moment inopportun comme au début du roman, retrouver un peu ce qui m’avait donné envie de le lire.

Le mot de la fin

Une petite perle riche en humour et en larmes, de quoi passer un bon moment sur un sujet très peu abordé en littérature.

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